Le polder et la dune de Mousterlin

Dune ,  Marais ,  Réserve naturelle à Fouesnant
  • En l’espace d’une cinquantaine d’années, le paysage situé à l’Est de la Pointe de Mousterlin a radicalement changé. Le polder s’est substitué au marais littoral.

    DU MARAIS...

    Une flèche littorale, symétrique à celle de la Mer Blanche s’étirait vers l’Est, c’est-à-dire vers la Pointe de Beg-Meil. En 1840, le goulet qui laissait entrer la mer se situait à l’extrémité Est du cordon, à hauteur du lieu-dit le Vorlen. Il s’est ensuite déplacé vers l’Ouest pour se situer à Cleut-Rouz en 1903, puis à Mousterlin vers 1913. En quelques dizaines d’années, le goulet est donc passé d’une extrémité à l’autre, certainement sous l’effet d’une modification de la direction des houles.

    A cette époque, ce marais littoral présente les mêmes caractéristiques que celui de la Mer Blanche.

    AU POLDER

    Mais, le 28 décembre 1926, le Préfet du Finistère accorde une concession d’endigage à M. Bénac. Dix ans plus tard, la fermeture totale est réalisée et quelques 120 ha de palud se trouvent soustraits à l’influence directe de l’eau de mer. A l’époque, M. Bénac fait indéniablement preuve d’un réel esprit d’entreprise et d’un goût du risque non moins développé. Conquérir plus de 120 ha de terre au profit de l’agriculture alors que la moyenne des propriétés du canton tourne autour de 4 ha s’avère une bonne opération. En fait, si M. Bénac fait figure de pionnier à Fouesnant, il est le continuateur de la gigantesque entreprise de conquête des hommes sur les marais littoraux depuis le XIème siècle (Dol, Marais Poitevin...). Différentes digues témoignent de cette entreprise progressive de conquête du marais littoral.

    Le dernier ouvrage, terminé en 1930, est la digue dotée d’un grand système de vannes qui se trouve à Mousterlin, à l’ancien endroit du goulet. Les saules ont effectué une conquête rapide du milieu puisqu’en 1954, le polder était pratiquement nu si l’on excepte une barrière de peupliers et de grands pins au pied du cordon littoral.En arrière, le paysage était surtout marqué par un impressionnant semis de pommiers à cidre. L’écran des saules s’étiole progressivement pour laisser la place à une belle phragmitaie. La phragmite est un roseau des marais et des fossés utilisé pour faire les toits de chaume. Les saules, phragmites, pins et chênes se sont donc rapidement substitués aux prairies humides.

    Propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1982, le polder de Mousterlin est géré par un garde à la charge de la Commune de Fouesnant. Cette acquisition a permis d’entreprendre des travaux sans lesquels le site serait devenu un maquis inextricable de saules. Drainer et éclaircir la végétation ont donc été les tâches prioritaires pour recréer le paysage. Plus récemment, et compte tenu des dégats occasionnés par l’ouragan de 1987, des plantations ont été effectuées. Actuellement, l’entretien est partiellement assuré par pâturage grâce à quelques poneys venus... de l’île du Loc’h aux Glénan. Le Conservatoire a choisi de laisser fonctionner le polder comme il y a quelques années, quand l’eau de mer rentrait naturellement du fait de la vétusté des vannes. La lagune saumâtre fait fonction de nurserie pour les poissons et certains crustacés. Des zones de pêche autorisée existent depuis quelques années. Elles sont gérées par la Société de Pêche de Quimper et présentent l’originalité d’offrir à la fois des poissons d’eau de mer et d’eau douce.