En 1926, le Préfet du Finistère accorde une concession d’endigage à M. Bénac. Dix ans plus tard, la fermeture totale est réalisée et quelques 120 ha de palud se trouvent soustraits à l’influence directe de l’eau de mer.

Le dernier ouvrage, terminé en 1930, est la digue dotée d’un grand système de vannes qui se trouve à Mousterlin, à l’ancien endroit du goulet. Les saules ont effectué une conquête rapide du milieu puisqu’en 1954, le polder était pratiquement nu si l’on excepte une barrière de peupliers et de grands pins au pied du cordon littoral.En arrière, le paysage était surtout marqué par un impressionnant semis de pommiers à cidre.

L’écran des saules s’étiole progressivement pour laisser la place à une belle phragmitaie. La phragmite est un roseau des marais et des fossés utilisé pour faire les toits de chaume. Les saules, phragmites, pins et chênes se sont donc rapidement substitués aux prairies humides.

Marais de Mousterlin

Marais de Mousterlin

Propriété du Conservatoire du Littoral depuis 1982, le polder de Mousterlin est géré par un garde à la charge de la Commune de Fouesnant. Cette acquisition a permis d’entreprendre des travaux sans lesquels le site serait devenu un maquis inextricable de saules. Drainer et éclaircir la végétation ont donc été les tâches prioritaires pour recréer le paysage. Plus récemment, et compte tenu des dégats occasionnés par l’ouragan de 1987, des plantations ont été effectuées.

Actuellement, l’entretien est partiellement assuré par pâturage grâce à quelques poneys venus… de l’île du Loc’h aux Glénan. Le Conservatoire a choisi de laisser fonctionner le polder comme il y a quelques années, quand l’eau de mer rentrait naturellement du fait de la vétusté des vannes. La lagune saumâtre fait fonction de nurserie pour les poissons et certains crustacés. Des zones de pêche autorisée existent depuis quelques années. Elles sont gérées par la Société de Pêche de Quimper et présentent l’originalité d’offrir à la fois des poissons d’eau de mer et d’eau douce.